Bonjour ,
C'est dans une clairière fraîchement broyée , qu'une bonne quinzaine de marcassins de tous âges , aux pelages rayés fouillent le sol sous bonne escorte de trois ou quatre laies occupées à retourner les mottes à coups de groins !
La forêt est calme, l'atmosphère est paisible , presque bucolique , seuls quelques grognements étouffés rythme cette tribu .
Je viens de les apercevoir , je retiens mon souffle pour ne pas troubler ce tableau sauvage et si rare à observer .
C'est un vrai privilège encore une fois , de contempler de si longues minutes cette compagnie de "cochons" entrain de prendre leur repas en famille , loin de toute agitation humaine !
Mais on le sait , cette quiétude peut vite basculer .
Le vent qui était en ma faveur , risque de désormais tourner , transportant mon odeur d'où l'importance d'éviter tout parfum sur soi lors de ces balades .
Elle est là , cette masse sombre et imposante qui se fige soudainement : la matriarche !
Une belle colosse , aux poils rudes , grisonnant certainement de s'être roulée dans la poussière .
La femelle dominante relève son groin , humant l'air ambiant avec précision ; les oreilles en alertes .
Ses yeux sombres se sont accrochés aux miens , et je ressens comme une sensation d'intimidation qui me parcours tout le corps.
Je sais que je ne doit pas bouger ... je suis repérée .
La mère suprême émet un souffle court et violent par les naseaux , comme un "pffff" sec qui agit aussitôt comme un signal d'alerte à ne pas discuter .
En une fraction de secondes , les rayés ont interrompus leurs jeux et c'est la fuite en avant .
La tension est palpable et la quiétude , le côté serein de cette tribu vient de voler en éclat .
La matriarche , elle , ne rend pas les armes tout de suite , elle fait trois pas lourds dans ma direction , la tête basse , cherchant toujours à enregistrer mon odeur , comme mesurant son ennemi .
Chaque muscle de son corps se tend ...
Pas de méchanceté à proprement dit , non , juste un instinct protecteur , une autorité sur sa tribu et le fait de vouloir protéger son territoire .
Je ne bouge pas , je maitrise comme je le peux ma peur.
Je reste immobile , acceptant juste mon rôle de simple spectateur qui a été démasqué et qui doit faire profil bas devant cette bête sauvage qui peut devenir dangereuse .
Finalement , la matriarche me jugera comme inoffensif mais pas à ma place si prés des siens .
La laie fait demi-tour , et lance un second grognement autoritaire à sa troupe .
En un éclair , la famille s'enfonce sous le couvert sombre des fourrés me laissant seule dans cette prairie devenue silencieuse .
Belle fin de weekend à vous tous 😊
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